croisière

 

Un passager prend la pluie sur le pont.

It’s cold outside.

Le chat roule et ronronne sur le lit.

It’s raining within my heart.

Pas de soleil et pas de ciel,

I want to sleep.

« No ! Wake up and look !

There is fire in the sky

And it’s hot outside. »

Une porte s’ouvre et rentre le sel.

« You’re right », she says.

« You had a bad dream », he says.

Elle ne sait pas.

Mais juste un peu d’apocalypse

Sur ce désert liquide ;

There is hope and there is love,

There is desire  –  Oh serre-moi fort.

I can feel my heart. I can feel my heart.

Un homme touche la joue d’une femme,

Une mouette passe en criant ;

I hate the sea – Actually.

Il regarde loin là-bas, lui.

L’horizon se décompose au fond de ses prunelles.

But I love my man  –  Yes.

L’air s’opacifie, petit à petit.

Il tient sa main. Frissonne.

« Oh ! Here is the moon, see ? »

Yes, here is the moon. Blue.

Comme ses yeux. Elle le regarde,

Il a la tête dans le ciel,

Les pieds sur le pont,

Les mains sur ses hanches rondes.

It’s the moon dance  –  And I like it.

Ses lèvres ont le goût du sel,

Elle fait la grimace.

Le chat passe  –  La mouette repasse.

Oh, shut up !

Une goutte d’eau sur sa paupière.

« It’s raining »

« No, your hair is still wet. »

Ses cheveux sont mouillés ?

Oh, I took a swim.

It was cold. Violent.

Spent my time fearing sharks would grab me.

What a day, I say.

Demain sera un autre jour.

Et avant, la nuit.

« Courons après le soleil ! »

What ?

Le moteur pétarade. Le bateau avance.

« Going West, it’s never night ! »

Oui, mais le soleil est plus rapide que toi, mon chou.

We are angels.

What kind of music would fit now ?

She wonders.

L’homme est à l‘avant. Les cheveux s’envolent.

Les bras tendus.

And the sun fell down from his hands.

« I told you. »

« I know. » C’était juste une envie.

« J’ai faim. »

Moi aussi.

« Let’s have some noodles ! »

Coulé. Parfois il ne comprend rien.

« No, let’s have some sex. »

Is it always like this ?

Les histoires d’amour finissent au lit.

Or begin.

Depends…

« D’accord pour les nouilles. »

L’océan est grand. Très grand.

And always the same.

I hate the sea, actually.

L’homme traverse une flaque d’or.

L’ombre gagne du terrain.

« We have no noodles… Forgot. »

Oh, but I love my man.

Avril 1990

.

.

9 avril 2010
(précédemment publié le 28 octobre 2008)

11 commentaires

  1. Posté le 29 octobre 2008 à 13 h 20 min | Permalink

    j’étais resté dans la barque de l’autre jour
    on dirait ici comme une résonnance
    le mélange des langues sonne comme une musique
    le mélange d’amour et de sel
    le mélange de nuit et de soleil
    le mélange de nouilles et de sexe
    sonnent comme la vie

    répondre

    mariev répond:

    13 ans d’écart entre les deux, pourtant … un fil d’eau conducteur ?
    But … I hate the sea!
    (en vrai, ce que je n’aime pas trop, ce sont les récits de marins, les histoires qui se passent sur des bateaux ..)

    répondre

  2. Posté le 29 octobre 2008 à 14 h 08 min | Permalink

    Pas besoin d’être bilingue pour apprécier isn’t it?
    C’est comme une chanson ton poème 😉
    Kiss

    répondre

    mariev répond:

    Hello Katherine … et merci !!
    Ah oui, merci … 😉

    répondre

  3. Posté le 30 octobre 2008 à 3 h 34 min | Permalink

    And the sun fell down from his hands. Exquis.

    répondre

    mariev répond:

    Je dois avouer que j’en étais toute contente à l’époque … et encore aujourd’hui 😉

    répondre

  4. Posté le 30 octobre 2008 à 3 h 35 min | Permalink

    « We have no noodles… Forgot. »

    Oh, but I love my man.

    :-) Exquis, bis.

    Oh, my man, I love him so.

    He’ll never know…

    répondre

    mariev répond:

    Comment ça, « he’ll never know » ?

    Merci bis

    répondre

  5. Posté le 30 octobre 2008 à 3 h 36 min | Permalink

    la magnifique Billie…

    https://youtube.com/watch?v=IQlehVpcAes%3Fversion%3D3%26%23038%3Brel%3D1%26%23038%3Bfs%3D1%26%23038%3Bshowsearch%3D0%26%23038%3Bshowinfo%3D1%26%23038%3Biv_load_policy%3D1%26%23038%3Bwmode%3Dtransparent‘ frameborder=’0’>

    répondre

    mariev répond:

    Ah tiens, je vais voir de ce pas pourquoi tu me postes ce lien … je reviens tout de suite :)

    Ah, je comprends mieux le commentaire précédent !
    Je ne connaissais pas … thanks !

    répondre

  6. Posté le 30 octobre 2008 à 3 h 37 min | Permalink

    Et une autre classique… 😉

    https://youtube.com/watch?v=s6dxgDRgTpM%3Fversion%3D3%26%23038%3Brel%3D1%26%23038%3Bfs%3D1%26%23038%3Bshowsearch%3D0%26%23038%3Bshowinfo%3D1%26%23038%3Biv_load_policy%3D1%26%23038%3Bwmode%3Dtransparent‘ frameborder=’0’>

    répondre

    mariev répond:

    Ah ben dommage, mais c’est marqué que l’utilisateur a supprimé cette vidéo
    C’était quoi?

    répondre

  7. Fabien
    Posté le 2 novembre 2008 à 12 h 55 min | Permalink

    Bonjour Mariev,

    Merci pour la musique. Peux-tu me dire ce que signifie les paroles vers 3′ 57″ ? C’est pour savoir s’il y a un lien avec son geste. Bonne journée !

    répondre

    mariev répond:

    Alors, dans la chanson, il demande à un opérateur téléphonique de le mettre en relation avec une fille, Mary, dont il n’a pas le numéro et dont il a été séparé parce que sa maman à elle n’approuvait pas … et le geste, à ce moment-là, c’est pour montrer le tracé des larmes de cette jeune fille lorsqu’il la vit pour la dernière fois … s’il tient un mediator, c’est naturellement ce doigt-là qu’il lève pour retracer les larmes coulant de ses yeux …
    Ouf !

    répondre

  8. A KINDRED
    Posté le 2 novembre 2008 à 20 h 26 min | Permalink

    DEAR OH DEAR,
    I have to catch up with so much … But, as I promised so many times, for so long I must comment upon your outstanding art… I have just read your poems in English, the « WINTER » ones since we’re marching towards it!
    Dear Mother Nature (a clue for you!), these poems are so very much YOU, MY DEAREST FRIEND :

    Wild and wise at once!
    I love you!
    Never sad but never totally happy!
    This magic is so much daunting!
    Endings are never what you give!
    Random thoughts and words and lines, like poppies in a corn field pave the way to your kingdom!

    répondre

    mariev répond:

    LOVE you too!!

    Thank you for this poem of yours, for the smile, for your presence
    Can’t wait to see you soon !
    😉

    répondre

  9. Posté le 3 novembre 2008 à 13 h 05 min | Permalink

    I hate the see, actually.

    Va et vient des vagues d’émotions, un sourire qui passe de la joie à l’amertume avant de revenir au bonheur…

    Quelque chose se détache…

    Bonne journée Mariev, and thanks for that wonderful poem.

    répondre

    mariev répond:

    Merci à toi Jim, ravie 😉

    répondre

  10. Posté le 10 avril 2010 à 18 h 37 min | Permalink

    On a tout simplement l’impression d’etre à l’intérieur de toi ! ….qui ausculte The Man ….avec , tantot la nostalgie de l’amour qui est toujours triste …tantot l’humour qui ne t’ abandonne jamais ….
    Un peu de français , un peu d’anglais …avec , pour frontière , la mer ????…pas si simple et sympa que ça ….

    répondre

    mariev répond:

    La mer comme frontière … Je ne voyais pas ça comme ça … D’ailleurs, je ne sais pas ce que je voyais en écrivant, juste des sensations … 😀

    répondre

  11. Posté le 16 avril 2010 à 18 h 25 min | Permalink

    Comme Joye, j’adore la chute de ton texte et je lui trouve un petit côté surréaliste à la Magritte ! http://www.carnet-de-fritz.fr/public/magritte_cloud-small.jpg

    répondre

    mariev répond:

    Ah, il est en effet tout approprié, ce tableau de Magritte. Merci! 😉

    répondre

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