the giggling teacher

Yup!

Helloooooo!

Ah … well … désolée de vous avoir laissés avec ce boucan d’enfer, hum … on ne peut pas laisser trois ou quatre pauvres petits clips vidéo tous seuls sans qu’ils mettent le bazar, décidément!

Je voudrais revenir sur cette histoire d’énergie que je mentionnais ici et là dans l’article précédent. Après avoir posté ce billet, je me suis souvenu d’un truc que Fée des Agrumes m’a dit pendant une conversation téléphonique. Elle disait sentir une « force » en moi, et j’acquiésai car, même si à l’époque je me sentais plutôt faiblarde, pas très sûre de moi voire carrément anxieuse, je sais que « quelque chose » me tient, quelque chose de solide et d’indestructible, comme une barre de fer souple et chaude des pieds à la tête, comme une pulsation, ou un noyau dur … Très difficile à expliquer, vous remarquez …
Eh bien, je trouve que ces musiques racontent justement ça, à leur manière ; ce sont des musiques très puissantes, avec un flux constant d’énergie, et c’est ce que j’aime en elles, en plus d’être assez « brutes » (au sens de « primitives »). Elles font deux choses : elles DISENT cette force qui me porte, et elles la NOURRISSENT.

Depuis Lundi (et après avoir écouté plusieurs fois des morceaux comme ceux de cet article), j’ai la pêche. J’ai de l’énergie à revendre, et en classe, ça dépote. Je ne cesse de glousser, j’ai un sourire-banane dès que l’occasion se présente, je ne les lâche pas d’une semelle, j’invente des trucs en cours de route, des dizaines d’idées m’assaillent. Et sans que ça parte dans tous les sens (la description ci-dessus pourrait le laisser craindre), on s’amuse.
Le retour est immédiat. Des élèves qui sourient pendant une explication de grammaire sur le présent simple ; d’autres qui viennent me voir en fin d’heure pour me dire combien ils sont contents d’avoir une prof qui s’amuse dans son métier et les amuse du même coup en apprenant; des élèves qui se laissent aller à des jeux de mots ou de la fantaisie pendant le cours …

C’est chiant … C’est pas racontable du tout, en fait! Un jour, il faudrait que l’on se fasse filmer pendant que j’explique le présent simple, la prononciation de la terminaison en -ed du prétérit (séance d’abdominaux), que je donne des astuces de traduction … Je fonctionne beaucoup avec le visuel et le corps.

Bon, je vais essayer.

Par exemple, pour expliquer que le présent simple (par opposition au présent en BE+V-ing) s’utilise pour parler de « généralités », de choses qui se vérifient, se voient, se vivent dans un temps étiré et indéterminé, j’écarte les bras pour figurer la ligne du temps. Mon bras droit figure le passé, ma tronche représente le présent immédiat, et mon bras gauche le futur. J’explique que le verbe LOVE ne peut s’utiliser qu’au présent simple (à de rares exceptions près) parce que je LOVE le chocolat depuis qu’on nous a présentés (je remue la main droite et rajoute à voix basse : « Le coup de foudre!! »), que c’est toujours vrai au moment où je parle, là … (et je mets la tranche de ma main devant la bouche en parlant), et que ce sera vrai encore longtemps (je remue les doigts de la main gauche en expliquant que seule une crise de foie aiguë pourrait mettre un terme à cette passion). Puis j’effectue un mouvement de balancier avec les deux bras pour montrer que ce « présent » est très « large ». Je refais la zouave avec des exemples comme « Le soleil se lève à l’Est », « Les Français mangent des cuisses de grenouilles », « En période scolaire, je me lève à 6h30 tous les matins » etc … Ma ligne du temps va ainsi de quelques mois à plusieurs milliards d’années (mais je n’ai pas le bras long pour autant)

Par exemple, pour qu’ils se souviennent de répondre correctement aux « Yes-No questions » (les anglophones ne se contentent pas de dire « Yes » ou « No », ils reprennent le sujet et l’auxiliaire, galère), j’écarte (encore) les bras (c’est plus pratique que les jambes, là …). Tout en prononçant un beau « Has your mother got blue eyes? », ma main droite en l’air effectue des rotations comme si je tenais un objet rond. Et tandis que je donne la réponse : « Yes, she has« , ma main gauche fait mine de « piquer » le « has » et de le ramener à gauche, en l’air. Et je conclue avec les deux mains arrondies en l’air en répétant : « Has / has ». Et je continue avec des « Can » et des « Do » et des « Will » …

Par exemple, pour qu’ils mémorisent le mot « spring » (printemps / mot anglais qu’ils ont tendance à oublier le plus dans les 4 saisons), je leur raconte que ce mot a différentes significations. En tant que verbe, il veut dire « sauter, jaillir » et j’illustre avec un sonore « zboiiing » tout en sautillant dans la classe. En tant que nom, il peut vouloir dire « source » (zboiing et petits sautillements), mais aussi « ressort de matelas » (zboiing et petits sauts de la main). Puis je leur demande pourquoi il s’utilise pour désigner le printemps. Hey … ça ne prend pas trois dizièmes de seconde ; les réponses fusent : les fleurs jaillissent, les arbres se couvrent de vert, on a envie de sauter partout, zboiing, zboiiing, zboiiing!!!

Aujourd’hui, sans démonstrations corporelles particulières, j’ai passé une heure délicieuse avec les 4èPP (càd, dont je suis la Prof Principale). Entre jeux de mots rigolos impliquant les deux langues, fantaisies vocales d’un élève, réparties cinglantes de ma part, attaques en piqué sur l’auxiliaire DID, début de fou rire suite à une tentative d’humour d’une élève (qui a été la première à rire de sa blague vaseuse), et un exercice de traduction qui marchait de mieux en mieux, je suis ressortie toute joyeuse et sautillante.

zboiiing zboiiing

Aucune étude scientifique sérieuse n’ayant jamais été menée, et parce que mon manque naturel de confiance en moi me force à la modestie, je ne suis pas en mesure de dire si mes « méthodes » fonctionnent mieux que d’autres.
A mon avis, non.
En revanche … je m’amuse quand je travaille, et la plupart des gamins aussi.

Je dis « la plupart », parce que, comme Marc-Olivier Fogiel, « on ne peut pas plaire à tout le monde ».

Ainsi que mon article précédent l’a prouvé …

* la prof qui glousse

*

28 janvier 2010

16 commentaires

  1. Posté le 28 janvier 2010 à 21 h 53 min | Permalink

    Au secours! ma potadorée !!!! Help!!!! Le pervers veut ma peau et il
    fait son show pour rameuter ses fans et me zigouiller! A moi!
    Soccorrooooooo ! Toutes les bonnes âmes sont les bienvenues pour
    me tirer de ce pétrin!!!!

    répondre

    mariev répond:

    Mission accomplie!

    Pour le moment … but, I’LL BE BACK (comme disait Terminator »

    répondre

  2. Posté le 28 janvier 2010 à 22 h 02 min | Permalink

    Et moi je dis que si ! Un (en l’occurence une, puisque c’est de toi
    qu’il s’agit) prof qui enseigne avec passion communique son savoir
    beaucoup facilement qu’un prof fatigué de la vie (je prend
    l’extrême opposé).

    répondre

    mariev répond:

    Oui … et non … Les évaluations me ramènent régulièrement « sur terre »

    Deux remarques :
    – je ne me vois pas juste comme une prof d’anglais. Avant la matière, je suis « prof » … et c’est vaste!!
    – quand je rentre en classe, je « monte sur scène » …en fait …

    répondre

  3. Posté le 28 janvier 2010 à 23 h 18 min | Permalink

    Je te l’ai sûrement déjà dit, mais j’aimerais bien être une petite souris pour te voir en classe !

    répondre

    mariev répond:

    Ben moi aussi! Déjà, je tomberais raide à me voir avec tous mes tics …

    répondre

  4. Posté le 29 janvier 2010 à 7 h 52 min | Permalink

    J’aime ta façon de décrire tes cours!
    A propos de « spring », me vient à l’esprit « Springfield », la ville des
    Simpson, ça m’étonnerait qu’ils ne connaissent pas: ça peut aussi aider
    la mémoire…
    J’ai dû, avec mes enfants, regarder une bonne partie des épisodes, passage presque obligatoire.

    répondre

    mariev répond:

    Si si, beaucoup d’entre eux connaissent, reste à leur faire trouver un lien mnemotechnique entre les déjantés de Springfield et le « printemps »!!

    répondre

  5. Posté le 29 janvier 2010 à 9 h 24 min | Permalink

    Moi j’ai eu un petit aperçu, et j’ai apprécié ! Et ce n’est pas resté que dans ma mémoire ! Et même si statistiquement ils n’apprennent pas mieux, quels bons souvenirs restent et l’année est moinslongue avec de bons profs, sympas et drôles.

    répondre

    mariev répond:

    Ah bon, je t’ai fait un cours d’anglais? J’ai une mémoire de papillon …
    Oui, je pense qu’ils n’apprennent pas mieux, mais différemment. Un jour, des trucs que je leur répète ou leur mime sans cesse prendront soudain leur place, quand ils seront plus grands

    répondre

  6. Posté le 29 janvier 2010 à 9 h 55 min | Permalink

    Pour que ce soit efficace, à vrai dire, la passion ne suffit pas, il faut aussi que le sujet soit interessant.

    Je suis comme Coq, j’aimerai bien voir ce que ça donne ! Alors, tu le fais ce « filmage » de ton cours ?

    répondre

    mariev répond:

    Comme le sujet me passionne, j’arrive à le rendre intéressant pour une bonne partie des élèves, au moins pour le temps du cours. Mais beaucoup ne lèvent pas le petit doigt, le moindre petit neurone, une fois rentrés à la maison. Et là, je coince …

    Hey! Gare à ne pas transformer ma classe en souricière!

    répondre

  7. Posté le 29 janvier 2010 à 10 h 57 min | Permalink

    Je t’imagine tellement bien!
    Je ne t’étonnerai certainement pas en soufflant que je vis mon travail de cette façon au quotidien depuis 9 ans, et plus si affinité. Voilà pourquoi j’ai soulevé des montagnes pour y retourner et pourquoi malgré les aléas handicapants, je poursuis ma voie avec acharnement et allègresse. Evidemment, les évaluations dans mon domaine sont d’un autre ordre ( nous en avons aussi, je le précise!), je ne m’en préoccupe plus tant désormais parce qu’elles
    relèvent de la responsabilité de celui qui travaille ou non; je sais que je fais mon travail au mieux avec tout le coeur et l’authenticité qui sont les miennes. je donne, je donne, c’est à eux de recevoir ou non. Et puis, s’il y a un frein à l’acquisition des connaissances offertes, tant pis, il se passe tellement d’autres choses dans ces partages. Nous lançons des graines au vent dont les germinations ont parfois des détours étonnants.
    Se recentrer, voilà aussi le maître mot. En pleine conscience par la voix, le corps, la présence est véritable. trésor d’existence à savourer et perpétuer sans modération…

    répondre

    mariev répond:

    Pour les évaluations, je sens bien que notre système a de sacrées limites, mais je n’ai jamais eu le courage de changer certaines choses, ni de me retrouver seule à pratiquer d’une manière différente.
    Oui, il s’agit d’être soi, humain, en toutes circonstances. Finalement, je me rends compte que les collègues avec qui je m’entends le mieux, ou les profs dont j’ai un bon souvenir, sont des personnes qui sont cohérentes, qui font un lien réel entre ce qu’elles sont, ce qu’elles font … Et qui ne cloisonnent pas les « espaces » travail et vie quotidienne. C’est pas le bureau, quoi!
    😉

    répondre

  8. Posté le 29 janvier 2010 à 10 h 58 min | Permalink

    ZBOIIING ZBOIIING

    ZBOIIING

    ZBOIIING

    alors là, les bras m’en tombent !!!!!

    Figure-toi qu’en te lisant j’étais en train de t’imaginer comme cela :
    sémaphore

    (j’arrive pas à trouver une meilleure photo…)

    En fait, j’aurais bien aimé avoir un prof giggling !!!

    répondre

    mariev répond:

    C’est tout à fait ça! Je mime très bien le vent, la danse, et les verbes « désactivés » dans une phrase avec auxiliaire … et j’en passe …
    Je ne sais pas … je me demande dans quelle mesure je ne passe pas pour une douce foldingue parfois …

    répondre

  9. Posté le 29 janvier 2010 à 13 h 31 min | Permalink

    Je me demande ce que ça donne , en vrai , une corniaude issue des galipettes entre Bridget Jones et un marsupilami …

    Fais – voir un peu ta photo …..

    répondre

    mariev répond:

    En scrutant sur le Net, j’aurais bien réussi par trouver ma tronche, mais je n’ai pas eu le temps (des cours à préparer, la saison 3 de Dexter, un spectacle des arts de la piste hier soir …)

    répondre

  10. Posté le 30 janvier 2010 à 12 h 00 min | Permalink

    lu chez moi ….bises

    répondre

    mariev répond:

    Tu m’as laissé un phoque sur mon écran, tu sais ça? Je dois le prendre comment, d’ailleurs, vu qu’il existe un adorable jeu de mots entre l’anglais et le français avec cet animal? Mhhmm?

    répondre

  11. Posté le 30 janvier 2010 à 15 h 57 min | Permalink

    Je reviens ce soir chère enfant.

    répondre

    mariev répond:

    Pas ce soir, je peux pas, j’ai … poker (d’ailleurs, je dois filer, là)

    répondre

  12. Posté le 30 janvier 2010 à 19 h 47 min | Permalink

    Non pas à moi, à Rémi, et j’en ai vu un bout.

    répondre

    mariev répond:

    Ah voui!!

    répondre

  13. Posté le 31 janvier 2010 à 7 h 14 min | Permalink

    oh!!! tu délire!!!!!!!
    c’est un petit kdo ..je l’ai mis chez chris… jacotte ..un truc
    …que si tu le mets en com.. il file en bas sans t’avertir … ! mais
    une fois seulement …voilà !

    répondre

    mariev répond:

    Bé ouais, je rigole!!
    L’est trop mignon, ton ptit phoque 😉

    répondre

  14. Posté le 31 janvier 2010 à 23 h 23 min | Permalink

    Hi, hi… C’est exactement ce que j’ai passé mon après-midi à faire. Pour les deux petits nains, explication de la possession en anglais : tout est à l’envers par rapport au français. On voit d’abord le possesseur (c’est le plus important) pis après on voit son objet.

    Et avec la grande, en vue du grand bilan, j’ai l’impression d’avoir tout repris à zéro. Me demande si elle a jamais appris le présent simple et le futur pendant ses 4 années de collège. Je gagerais que non…

    Enfin, cerise sur le gâteau : « j’adore quand je fais de l’anglais avec toi, maman, au moins je comprends tout. Tu devrais être prof, je suis sûre que tous tes élèves seraient super forts ! ».

    Ca met la pêche…

    répondre

    mariev répond:

    Dis donc, toi … c’est quand qu’on se voit dans la vraie vie, mhhmmhm?!! On ferait les sémaphores en speakant English sur une bonne vieille musique de derrière les fagots, qu’est-ce tu n’en penses?

    répondre

  15. Posté le 3 février 2010 à 15 h 34 min | Permalink

    Ce serait le panard !

    Malheureusement, on habite assez loin l’une de l’autre, si j’ai bien compris.

    Tu montes à Paris de temps en temps, hum ?

    répondre

    mariev répond:

    Voui, je remonte une ou deux fois l’an, été / Noël, globalement … Sans même trouver le temps d’aller voir mon meilleur ami. Pfff …
    Et là, si tout se passe bien … faudra venir me voir à San Francisco!! 😛

    répondre

  16. Posté le 3 février 2010 à 23 h 47 min | Permalink

    San Francisco ??? Tu as eu une réponse ferme ??

    « If you goooooooing tooooo San Fran-cis-co ! Be sure to weeeeeeeeear some flowers in your heeeeeeeeeeead » !

    répondre

    mariev répond:

    Nan nan, j’ai bien dit « si tout se passe bien » … Je saurai en Avril (sigh) …:P

    répondre

Ecrire un commentaire

Votre adresse ne sera jamais divulguée. Les champs requis sont marqués *

*
*
Question   Razz  Sad   Evil  Exclaim  Smile  Redface  Biggrin  Surprised  Eek   Confused   Cool  LOL   Mad   Twisted  Rolleyes   Wink  Idea  Arrow  Neutral  Cry   Mr. Green