graine de prof

Certains commentaires à l’article « rentrée » m’ont … embarrassée … Sans tomber dans la louange, vous m’avez complimentée, émis des suppositions très favorables quant à mes compétences de prof … C’est drôlement gentil, ça …
Mais … bon … allez, vous avez compris … je ne suis pas parfaite … même si mes mots semblent vouloir dire le contraire!
Eh bé non!

Alors je me suis décidée à tenter de dresser un auto-portrait de la prof que je crois être.
J’hésite …
Je vous la fais autobiographique?
Ouais, je vous la fais comme ça, ça peut être amusant  –  ou pas!

Déjà, comment suis-je arrivée dans ce métier?
C’est à se demander…
Petite j’ai dû vouloir être « maîtresse » au milieu de quarante mille autres idées (bonne soeur, par exemple  /  patronne d’un resto qui s’appellerait « La Bonne Bouffe » avec des poulets rôtis à la place des « O » sur mon enseigne  /  star de cinéma  /  speakerine  /  chauffeur routier  /  infirmière, bien sûr  /  coiffeuse très probablement …)
A l’école, du CP à la Terminale, les profs ne m’intéressaient absolument pas, je m’en fichais comme de mes premières couches, l’indifférence totale.
Sans compter que je n’étais pas facile; une vraie petite morveuse comme je déteste en avoir en classe, insolente avec de bons résultats, qui n’en fait qu’à sa tête. En 5ème (tiens donc) j’ai sans doute passé le quart des heures de français dans le couloir  –  virée  –  pour de sombres histoires de chewing-gum, par exemple. Les camarades m’avaient promis un fauteuil …
Appréciations ici et là sur les bulletins? bavardages   /   quelle insolence!   /   gâche ses possibilités par un comportement perturbateur  /  élève douée mais caractérielle ….

J’aimais aller à l’école, c’est indéniable, mais je m’ennuyais vite en classe. (nan, nan, pas syndrome enfant surdouée, hélas, c’est là qu’est l’os). Je pense que c’est vrai que j’apprenais vite, parce que j’adorais apprendre, alors je n’écoutais plus, ce qui m’a quand même joué des tours…(passer de 19 de moyenne en maths au début de la 4è à 0,5 en Terminale, ça doit bien venir de quelque part…). J’aimais apprendre des trucs par cœur et les réciter à mes parents. J’aimais ramener des bonnes notes et en primaire, on nous classait tous les deux mois, je me souviens encore de l’émotion et de l’adrénaline quand je me suis vue 3è (sur les marches du podium!!!  ça n’a pas duré)
Les quelques profs dont je me souviens … ce n’est pas en bien pour leur pomme, sachez-le.
# La prof d’allemand qui ne se changeait jamais, trimballait des trognons de  pomme dans son cartable et ne nous regardait jamais parce qu’elle avait la trouille ..
* Le prof d’histoire qui avait sa salle au rez-de-chaussée à vie après avoir tenté de passer plusieurs élèves par la fenêtre (j’ai jamais fait ma morveuse avec lui, vous m’direz) …
# Le prof de sport en survêtement dégueulasse, pas rasé, amorphe sur le bord du terrain à nous gueuler dessus en crachant son énième Gauloise Maïs du cours …
* Le prof d’EMT qui portait le nom d’un oiseau et qui m’avait « mis un mot » sur le carnet en 5ème : « Pousse des cris d’oiseaux en classe » sans se rendre compte du comique de la chose (et sachez qu’en l’occurrence, je ne visais pas mon prof, je faisais la « cocotte » pour faire rire les copains, en vrai il était bien ce prof) … ah la la …
Ce qui est moyennement rigolo, c’est qu’il en existe toujours, des profs comme ça, j’en ai rencontré hélas…
Je me suis même montrée, à deux ou trois reprises, assez méchante. Je ne m’en vanterai pas …
Les autres souvenirs sont flous, fugaces … le temps de déposer un sentiment terne … terne … que c’était terne! …
Le seul prof dont je me souvienne avec affection, c’est mon prof … d’anglais de Terminale : un mec génial, dynamique, exigeant, assez distant mais attentif.

A part ça, je vois pas très bien d’où ça m’est venu, cette affaire de « faire la prof ».
Bon, j’avoue, j’ai le souvenir d’un été à Quiberon chez des amis de mes parents où je faisais (imposais) la classe à mon frère et son copain.
Bon, j’avoue, quand je sais quelque chose, je veux que tout le monde en profite.
Plusieurs méthodes : * la prise de parole en continu lors des dîners en famille (je pense que c’est là que je suis la plus insupportable, parce que ça cause beaucoup dans ma famille, et que … comment dire … faut même me regarder dans les yeux quand je parle, ouais, je peux être assez totalitaire, mais je me suis drôlement améliorée…) , * la vulgarisation de certaines connaissances par le biais du mime –  sonore, le mime, rêvez pas, je sais pas me taire  –  histoire de faire passer mon message clairement (des copains se souviennent sans doute de mes explications sur les petites « bébêtes » (les enzymes, je crois) forcées de faire un boulot inutile quand on prend de l’aspartam  –  A BAS L’ASPARTAM et tous ses dérivés!!) , euh … * les explications passionnées aux enfants et aux ados à propos des étoiles, des planètes …
Bon, j’avoue, j’aime également me faire clairement comprendre, donc je synthétise dans ma tête, je me mets à la place de l’autre en partant du principe qu’il ne sait pas de quoi je parle (cela me met parfois dans des situations délicates, quand même, ça a un petit côté « j’me la pète, prout, prout » involontaire mais certainement insupportable!) …

Maintenant que j’y pense, j’avais comme une déformation professionnelle avant même d’envisager ce métier…

*

11 septembre 2008

Un commentaire

  1. commentaires rapatriés
    Posté le 20 mars 2010 à 15 h 55 min | Permalink

    1) Alors si je comprends bien, pour avoir envie d’être prof, il faut avoir été bavarde et insolente en classe, (pour savoir mater les petites morveuses parce qu’on est passé par là), avoir eu des profs nuls (bon à ce niveau, tout le monde voudrait l’être alors, on en a tous eus ….), aimer parler et prendre la parole, aimer transmettre des choses et ne pas aimer l’aspartam ;-))) Ah, j’oubliais le plus important, et là je suis sérieuse, avoir eu un prof qui sorte un peu du lot quand même, et pour toi, comme par hasard, c’est un prof d’anglais ;-)) Une des mes très bonnes amies est prof d’E¨PS, une personnalité forte et vraiment à l’écoute des autres et donc de ces élèves, une personne formidable qui transpire la générosité, une personne rare (je lui ferai lire ce comm pour arrondir mes fins de mois ;-))) qui est partie en retraite il y a deux ans mais dont pas mal d’élève ont suivi sa voie, une de ces profs qui marquent. Je te souhaite d’en être une aussi Mariev, parce que je pense que, au-delà des résultats, réussir à susciter cette vocation chez ses élèves est aussi la preuve qu’on est un bon prof ;-)))
    Commentaire n°1 posté par pandora le 11/09/2008 à 07h11

    => Ben … je ne sais pas si le prof d’anglais a joué un rôle dans le choix … de l’anglais, car l’allemand est ma première langue, que j’ai étudiée jusqu’au DEUG…!!! Et même, je suis partie en Allemagne après le bac…
    L’écoute n’est pas ma qualité première, par contre, je me sais animée de bienveillance, et les gamins le sentent; de là à susciter des vocations!
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 17h45

    2) En fait tu as su tirer parti de tes défauts !
    Commentaire n°2 posté par Godnat le 11/09/2008 à 07h56

    => De quelques-uns, je crois bien que oui! 😉
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 17h45

    3) La vie est pleine de surprises! Moi j’étais destinée à devenir prof en commençant des études d’anglais, et je suis devenue hôtesse de l’air. Ma fille, après avoir toute son enfance et adolescence dansé sur des pointes et même dansé pour de vrai à l’Opéra de Nice, puis enseigné la danse classique, est devenue prof de français, sa deuxième passion, et ses ancien profs sont aujourd’hui…ses collègues dans son ancien collège!
    Commentaire n°3 posté par Annie le 11/09/2008 à 08h15

    => … et je n’ai pas encore tout dit! Oh la la, ça doit être drôle, ça, de bosser avec ses anciens profs … forcément, vu ce que je dis de mes anciens à moi, je trouverais ça très très bizarre!
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 17h48

    4) moi je passe ma vie a sauter d’un train à un autre, je suis incapable de faire le même métier plus de 3 ou 4 ans ! il faut toujours que ça change…
    Commentaire n°4 posté par jlm le 11/09/2008 à 09h18

    => Ce serait assez mon genre, mais il semble que j’ai eu peur; du coup … c’est en classe que je gigote! Et là, tu fais quoi exactement? Et t’es loin de la date limite de consommation?
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 17h50

    5) C’est bien d’avoir une vocation qui te permette de vivre… moi j’ai toujours eu ce virus de l’écriture, et je ne me vois pas faire autre chose… ce qui est assez handicapant dans la vie quotidienne… Je vois ce que tu veux dire par les élèves un brin insolents et qui ont quand même des bonnes notes… je devais être une belle tête à claques quand j’y repense… Comme toi, je comprenais assez vite, même en n’étant pas surdouée non plus (malheureusement… je ne me retrouverais pas à galérer stupidement comme je le fais maintenant si j’avais été surdouée…) Sinon je me souviens d’un prof de lettres génial au lycée, qui foulait les conventions du pied et élargissait nos horizons; ça c’est le genre de prof que je te souhaite d’être!
    Commentaire n°5 posté par Coq le 11/09/2008 à 10h15

    => Vocation … le mot est lâché! Nous verrons si l’on peut parler de vocation… Par contre, il est certain que le choix d’un métier artistique (vivre de sa passion, de ses talents artistiques) est un choix très difficile et courageux! Je te souhaite de réussir, tu as beaucoup d’atouts en mains (de ce que j’ai pu lire et voir)
    Fouler les conventions … j’aime, j’essaye parfois, mais comme je ne suis pas très sûre de moi, je reste prudente sur certaines choses … pour le moment
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 17h53

    6) L’ennui à l’école… Quelle poisse! Je l’ai bien connu et crains que ça n’arrive à mon fiston aussi. Comment devient-on prof? Une grande question qui aurait tout intérêt à être étudiée parce que pour un motivé par la passion de son domaine et soucieux de transmettre à des gamins qu’il a envie d’aider à grandir au mieux, il y en a combien qui ne pensent qu’à essuyer des ratés d’ailleurs et à trouver une place qui satisfasse leur égo, leur envie de domination ou à les rassurer face à leur angoisse d’instabilité professionnelle? .. Lycée, université, préparation aux concours, collèges, lep et re lycée.. j’ai donné, j’en ai rencontré. j’en aurais à dire et à dire. olala… Toujours déplacée de qq millimètres, un regard La lectures de ton blog me permet assez facilement de me représsenter la prof que tu es et ton tableau dans cet article confirme qq unes de mes idées. :))) J’imagine bien la scène avec un élève à qui tu viens de dire qqch ( avertissement, consigne ou punition) s’exclamant « Mais, euh, madame … » estomaqué pensant; » Quelle peau de vache! » loooool alors que finalement, il t’aime bien pcq tu le respectes et gardera un bon souvenir de toi. . ça me parle assez.. me trompe- je? :p
    Commentaire n°6 posté par fée des agrumes le 11/09/2008 à 11h05

    => Entre un motivé et les autres, il y a aussi d’honnêtes personnes qui ne jouent pas à la star, manquent peut-être un peu de charisme mais font leur métier avec l’envie de partager simplement …
    Euh … oui … non … tu ne te trompes pas … :) c’est d’ailleurs globalement ma ligne de conduite : être exigeante sur certains points importants à mes yeux, de la même manière avec tous les élèves (mais y’aurait d’autres trucs à dire), les gamins savent où ils vont et pourquoi et toussa
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h00

    7) n’empêche…..t’es prof d’anglais! et ça….c’est limite comparable à de l’aspartame!!!!! ;-)))))
    Commentaire n°7 posté par mapie le 11/09/2008 à 12h44

    => Boooohhooohoohh que tu es vilaine! (mais je ne suis toujours pas allée lire ce texte qui m’expliquerait bien des choses…) Vite, un aspart…, pardon, une aspirine pour Mapie!
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h02

    8) J’aime pas trop le corps enseignant même si je reconnais qu’il y a de très bons profs. Je vais pas me faire des potes, là ! ;-D En fait, je trouve que la formation en pédagogie et en connaissance du public ado n’est pas suffisamment développée. Mais tu me diras, ça ne veut rien dire. On voit des instits plutôt bien formés en sciences de l’éduc eux et qui appliquent toujours des recettes ancestrales… 😉 Bisous Mariev ! Oublier qu’on a su. C’est une très bonne base pour faire son métier.
    Commentaire n°8 posté par Tata Huguette le 11/09/2008 à 15h07

    => J’ai vu que tu as développé plus loin, alors je rebondis juste sur : « oublier qu’on a su »… ça me rappelle mon étonnement lors de mes premières années d’enseignement, j’avais l’impression de totalement redécouvrir la langue anglaise, à devoir la décortiquer pour les jeunes apprenants … sensation très particulière; encore aujourd’hui, je « découvre » des choses!
    Et ça c’est génial, parce que ça me donne chaque année de nouveaux angles « d’attaque »..
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h05

    9) Super intéressant ! Juste pour que les non-enseignants comprennent que c’est un mythe : les élèves doués ne s’ennuient pas en classe, comme tu le dis. Les vraiment doués savent trouver l’intéressant sans embêter les autres. 😉 Beau texte, madame la Prof.
    Commentaire n°9 posté par joye le 11/09/2008 à 15h24

    => Peut-être dans le système anglo-saxon, plus souple, davantage interdisciplinaire oui ; mais par chez nous, les doués et les bons s’ennuient; moi, je faisais des dessins, des cocottes en papier, des petites boules avec de la colle liquide, et puis je finissais par emmerder le monde … mais bon, je ne faisais pas que ça non plus, je participais, j’écoutais quand même …! Disons que j’étais surtout douée pour savamment doser l’ensemble …
    Les surdoués, par les défaillances de notre système, ne sont pas forcément détectés mais eux, conscients de leur différence, se fragilisent, dépriment ou se mettent en échec scolaire…
    L’éducation nationale a de nombreuses copies à revoir, bien davantage que ce qu’elle prétend avoir évalué, pesé, mesuré et soit-disant réformé…
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h12

    10) P.-S. : Brassens a dit qu’il n’y a pas d’amour heureux. Et il n’y a pas de prof parfait ! Qu’on se le dise ! 😉
    Commentaire n°10 posté par joye le 11/09/2008 à 15h26

    => Et pi y’a des profs heureux, et des pas heureux et des amours parfaites et … voui!
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h13

    11) Je reviens parce qu’en fait mon commentaire est bien incomplet (entre temps, mon ordi a sauté avec la foudre…). Ca va être un peu décousu, je te prie de m’en excuser mais je fais avec le temps qui m’est imparti, c-à-d peu. J’aime pas trop le corps enseignant mais ça ne vise pas directement les profs. Je crois qu’ils sont souvent les boucs émissaires d’un système tout entier. On n’a pas toujours une vue globale sur l’échec ou la réussite scolaire (d’un point de vue familial, psychologique, sociologique, éducatif etc.). Ce que j’aurais tendance à leur reprocher en revanche (ce n’est d’ailleurs pas leur faute), c’est bien souvent de sortir d’un milieu scolaire pour en intégrer un autre et je trouve que cela ne facilite pas l’ouverture. Concernant les ados, c’est vrai qu’il est très dur parfois de les motiver. Ils sont entiers et quand ils n’aiment pas ou n’ont pas envie de bosser, c’est un sacré challenge pour les profs ! C’est la raison pour laquelle il me semble essentiel d’être formé au niveau de ce public. Les instits sont formés par rapport à l’enfant, les formateurs par rapport aux jeunes et aux l’adultes, les enseignants spécialisés par rapport aux ados. Mais les profs ? Or la formation au public est quelque chose d’essentiel. Je suis pour une refonte complète du système français. Pas des réformes copier/coller. J’enlève un peu ici, j’ajoute un peu par là. Cela me semble du pur bricolage. On doit le repenser complètement en prenant davantage en compte l’exemple de nos voisins et en commençant déjà par cesser cette dichotomie manuel/intellectuel qui n’a de sens qu’en France. Tata Huguette a parlé. ;-D
    Commentaire n°11 posté par Tata Huguette le 11/09/2008 à 16h29

    => – boucs émissaires d’un système défaillant, cloisonné, – ça commence à se causer entre le primaire et le secondaire… mais on est parfois complètement ignorant d’une enquête sociale par exemple …
    – ouf! je ne fais pas partie de ceux qui ont quitté les bancs de l’école pour ceux des amphis pour retourner en classe derrière le bureau; j’ai eu mon bac à 17 ans, je suis devenu prof à 26 … j’ai fait d’autres trucs, et j’en suis très heureuse aujourd’hui!
    – la formation des profs quant à leur public est bof, vraiment bof. Elle est peut-être mieux assurée aujourd’hui en IUFM qu’en mon temps, mais reste secondaire, je crois … A vérifier, développer
    – parfaitement d’accord sur ta vision des réformes … ouh la la, pleins de trucs à dire!!
    – et OUI, cessons cette séparation des savoirs et compétences en fonction du manuel / intellect, alors là, je te suis à 100% (des fois, en classe, on écoute de la musique, je les fais réagir sur une image … bon, ça reste limité … mais sérieux, je me verrais bien leur faire faire un potager là-bas derrière, tout en anglais, par exemple!)

    Tata Huguette a bien parlé.
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h23

    12) D’accord pour les gens honnêtes qui font leur travail correctement. Du moment qu’ils ne sont pas rasoirs.. ( j’te charrie !!!!!!!!) 😉 N’empêche qu’il y en qui se foutent de la g.. du monde… quand même, heim, ;p
    Commentaire n°12 posté par fée des agrumes le 11/09/2008 à 18h26

    => Etant donné que nous parlons d’un groupe important d’hommes et de femmes responsables de millions d’enfants, nous avons là un échantillon de la population, avec tous ses travers, toutes ses beautés, toutes ses fatigues aussi … le carrefour des possibles, comme tu disais …
    Les profs qui font correctement leur travail sont parfois des profs enthousiastes qui ont été cassés par le système : je l’ai vu, pas qu’une fois, et j’ai failli passer à la moulinette
    On vient en classe « tripatouiller » de l’humain à longueur de journée, on cloisonne moins facilement privé-boulot, ou plutôt, les vases communicants fonctionnent sans cesse…
    Mais, oui, il y en a qui se foutent du monde, de mon point de vue en tout cas (mais certainement que certains diront que je me fous de la gueule du monde, tout dépend de la grille de lecture, encore une fois)
    Nan, vraiment, j’ai vu des sacrés profiteurs en ZEP, par exemple, et quelques artistes de la fumisterie
    Humpf
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h39

    13) Je me poile toute seule parce que je suis à fond dès qu’on évoque ce sujet ! Alors je suis venue toute la journée regarder les comms et attendre tes réactions. L’idée du potager, ce serait super ! Ma collègue qui enseignait le français écrit et oral à des femmes analphabètes faisait, quand elle en avait encore le droit, de la cuisine avec elle. Ca leur parlait. Et Tonton travaille aussi beaucoup dans l’interdisciplinarité (enfin dans ses possibilités. Dur parfois de bosser en équipe). Pour revenir au manuel/intellectuel, je dis toujours qu’un mécano est loin de résoudre une panne avec ses mains. Je suis toujours épatée par les métiers dits manuels qui non seulement font appels à des connaissances et des raisonnements (on va appeler ça comme ça) mais aussi à un réel talent ! Entre autres. Je fais succinct. Alors c’est vrai que quand je vois la façon péjorative dont on en parle, ça m’agace.
    Commentaire n°13 posté par Tata Huguette le 11/09/2008 à 18h33

    => Tu viens de dire un truc très très très important à mes yeux : « quand elle en avait encore le droit ». L’ouverture des parapluies partout, pour tout et rien, vouloir sans cesse légiférer tout … une p**** de maladie qui nous gangrène socialement et humainement, ça, ça me fait péter les plombs!
    Plus le droit de ci (bactéries possibles! warning! warning!), et pas le droit de ça (protection de ceci cela) et surtout pas ça (danger! coupures du petit doigt possibles! Quand est-ce qu’on interdit les compas en classe, au fait???)
    Faire un voyage : ne surtout PAS lire les textes, sinon tu te vois déjà avec 40 procés sur le dos…
    Tout à fait d’accord, Thérèse , pardon, Huguette, sur ce que le manuel mobilise d’intelligence et / ou de sensibilité utile à l’appréhension de certains faits scientifiques ou mécaniques ou littéraires ou historiques … et inversement, moi avoir jamais compris, jamais…
    Eh ben, bonne poîlade, hein! (pas sûre de mon orthographe … pas grave … je dois aller travailler, là)
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h46

    14) Oui tata Huguette a bien parlé !
    Commentaire n°14 posté par fée des agrumes le 11/09/2008 à 18h33

    => Et toi, t’es une … fée / sorcière (bon sens du terme) … tu devines des trucs ici et là, hein …
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 18h55

    15) Hi hi, comme j’ai bien parlé (suis morte de rire d’écrire ça), je mentionne aussi une autre dichotomie « scientifique/littéraire » très mal exploitée. Quand on est scientifique, c’est qu’on aime les maths, la bio, la physique. Ca m’a mis pas mal d’années avant de comprendre qu’il n’y avait pas que les sciences dures mais aussi les sciences sociales et que je m’éclaterais dedans. Alors j’essaie de me battre pour que l’on arrête de dire qu’un scientifique, c’est un gars (plutôt qu’une fille d’ailleurs) qui étudie les étoiles, fait des opérations bizarres avec des chiffres bizarres ou analyse les virus. 😉 Cette fois je me sauve ! En tous cas, c’est un article bien sympa avec des commentaires très intéressants. Et puis ça fait du bien de voir une prof soulever tout ça ! Te décourage pas Mariev !
    Commentaire n°15 posté par Tata Huguette le 11/09/2008 à 18h55

    => Ah la la, arrête maintenant de lancer tous ces sujets, j’ai au moins de quoi faire 10 articles avec tout ce qui s’est dit dans les comm aujourd’hui!
    et oui! le truc science / littérature … ben ça s’arrange pas du tout, je te signale!
    Okay, d’ac! Oh, il faut que je vienne te parler d’une chouette petite chenille que j’ai vue aujourd’hui
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 19h12

    16) un métier que l’on ne fait pas par hasard, il paraît… très sympa la façon dont tu en parles. Marrant, j’ai presque le même parcours au niveau de la « chiantitude ». Ah j’en ai passé des heures chez le « dirlo », ce qui était plus embêtant pour mon père que pour moi (je manquais les cours pendant ce temps) parce qu’il était prof dans l’école lol.
    Commentaire n°16 posté par chris spé le 11/09/2008 à 23h10

    => Oooh le vilain petit canard! Encore un! Pas de zazard, je le crains, non je le crois fort … mais à quoi ça tient exactement?
    Réponse de mariev le 11/09/2008 à 23h33

    17) bon j’ai pris le temps de lire tous les comm’! C’est que ça devient intéressant sur le blog de mariev!!! (j’te charrie pour le « devient » ;-)) Moi y en jamais avoir compris ce système de cases: là vous parlez des littéraires, scientifiques, manuels, etc. à l’école, mais malheureusement l’école n’est que le reflet d’une vaste connerie à grande échelle qu’est la société dans laquelle on vit. Y’a des jours j’ai envie de foutre un p***** de coup de pied dans la fourmilière! (moi aussi, je m’emporte). Si dans mon commentaire + haut j’ai parlé de la chance que tu avais d’avoir une vocation avec laquelle tu peux vivre, c’est parce que moi-même pauvre petite créature créative je me sens souvent écrasée par le poids social de la « réussite ». Les artistes, on en veut bien, mais s’ils font du fric. (Très honnêtement, j’aimerais bien en faire, du fric, ça m’arrangerait pour ma petite vie personnelle… ) Enfin voilà, c’est comme la question de la poule et de l’oeuf, lequel est arrivé en premier, tout ça… là la question est : c’est l’école qui génère la société avec ces cloisons hermétiques entre les gens? ou c’est la société qui fait que l’école est ainsi faite? A méditer, mes enfants. Sur ce Maître Coq va continuer sa petite nouvelle dans son coin… (ah et merci pour tes encouragements, Mariev, ça fait du bien au moral) Bises!
    Commentaire n°17 posté par Coq le 11/09/2008 à 23h27

    => Ben on est bien d’accord sur le fond, non? Ces cases sont idiotes et irréalistes, et comme le souligne Tata, ça semble être bien français … mais bon, la société, celle qui se gave de fric, de faux-semblants et de culture du « meilleur », elle, elle est partout la même, il paraît que ça s’appelle la mondialisation … et elle ne date pas d’hier!
    Début de réflexion (juste un début, j’ai les yeux qui me pochent sur les bas-joues) : l’école est le lieu et le moment où la mixité est la plus forte : normalement, ce n’est pas là que le cloisonnement devrait se faire, au contraire. Maintenant, je rappelle qu’il y a l’école publique et l’école privée (chacune leurs avantages et leurs inconvénients), puis des grandes écoles qui pondent tous les ans des gens formatés pour diriger, décider, formater d’autres gens (des gens bien en sortent aussi, ch’uis pas bêtement sectaire)… je n’ai connu que l’école publique, depuis l’âge de 2 ans… donc, déjà, on a des écoles différentes, et ça remonte à loin, ça aussi.
    Par ailleurs, malgré son importance, l’école n’est cependant pas notre unique expérience d’être humain tandis que l’on grandit : autour de nous, il y a des arbres (clin d’oeil), des gens décalés, l’Histoire qui se fait / défait (on n’a pas eu la Drôle de Guerre, mais on s’est pris le 11 septembre en pleine tronche, c’est autre chose, ça a déjà donné une autre société), un livre égaré pour une lecture improvisée, des amours inattendues, le petit chien qui est mort, la cicatrice au genou, une somme infinie de choses, de sensations … qui font notre petite histoire, celle-ci entrant en « collision » avec plein d’autres petites histoires et pouf! on est / fait la société … ou pas!
    Je ne sais pas Coq … la question me paraît abyssale, posée ainsi, forcément
    (elle va plaire à Jean-Jacques, tiens)
    Vais-je bien dormir, maintenant?
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 00h22

    18) Pourquoi moi en particulier ? Tout le monde est concerné et a des choses importantes à dire. Quant à ma pensée « abyssale »….elle se réduit à te faire la bisse, c’est tout…
    Commentaire n°18 posté par Jean-Jacques le 12/09/2008 à 01h20

    => Bien sûr que tout le monde est concerné, mais la question de Coq ainsi posée m’a faut aussi penser à ton café philo
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 06h48

    19) c’est drôle, moi je n’ai jamais voulu instit, je le suis devenue par hasard, parce que ma mère n’a pas voulu me payer une chambre à Toulouse (je n’en valais pas le peine paraît-il) De fait , j’ai toujours été une mauvaise élève, toujours dans le lune, aucune méthode, aucune mémoire… je n’aimais que la lecture et la botanique !! C’est sans doute pour cela que je me suis consacrée aux enfants en difficulté (classes de perf, réseau d’aide, puis IME et hôpital de jour pour finir!) Il m’en est resté un petit brin de folie que je cache soigneusement! bises PS: j’ai malgré tout adoré mon métier et je m’y suis donnée corps et âme
    Commentaire n°19 posté par Azalaïs le 12/09/2008 à 09h28

    => J’aime ce parcours … aller vers ce que l’on connaît le mieux, sans prétention mais le goût de faire bien … IME et hôpital de jour, ça ne devait pas être facile tous les jours, ça! et le grain de folie est salvateur, non?
    C’est dur, une maman qui dit à sa fille qu’elle ne vaut pas la peine de …, dis donc
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 16h32

    20) Ah oui, c’est sûr qu’on a d’autres expériences que l’école, et faut pas se donner d’excuses du genre « je suis un affreux requin pédant mais c’est parce que à l’école on m’a appris… » Ca serait trop facile!
    Commentaire n°20 posté par Coq le 12/09/2008 à 10h09

    => Heureusement qu’on a d’autres expériences de l’école! Car comme le dit Fée, l’école est un peu trop centrée sur elle-même et sur son fonctionnement et ses bla bla (note : faire un article sur les écoles Steiner)
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 16h38

    21) Je me suis endormie hier avec cette pensée du système qui écrase… 😉 J’en pense que l’école est bien le lieu de tous les possibles, qu’elle sert à form(at)er les membres de la communauté, qu’elle permet également de révéler celui qui a une particularité qui pourra nuire ou embellir la société des hommes. Le collège est vraiment particulier puisqu’il y a du mélange et des êtres en transformation, une grande tension . Après, l’origine sociale, culturelle refait surface en général sans cloisonner tout à fait. L’école est le reflet des possibilités de l’homme qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il a dans un système donné. Elle est aussi la porte ouverte à tous les possibles. Je lui reproche d’être trop centrée sur elle même parce que comme tu le dis, l’être se forme dans un ensemble beaucoup plus vaste et je trouve dommage que certains veuillent destiner les enfants définitivement. A la « loterie » des concours, je n’ai pas gagné et travaille dans la formation continue, pour adultes. Mal payée, pas considérée, je suis heureuse dans mon métier parce que j’aide les êtres en questionnement et remise en question (souvent dévalorisés ou refoulés par l’école, la société, pas tjs non plus) à croire en eux. Quand j’ai travaillé comme surveillante, comme prof dans un collège avec des primo arrivants, j’ai fait de même. encore toujours l’espoir, décidément :p Bon, le sujet est très vaste, oui et le récit de nos parcours respectifs viendra étayer ces petits commentaires bien frustrants par rapport à l’étendue de la question. Bonne journée :)
    Commentaire n°21 posté par fée des agrumes le 12/09/2008 à 10h55

    => Tu as raison, c’est le collège le carrefour de tous les possibles … et de tous les dangers
    Oui, l’école est trop tournée vers elle-même, oh oui! (note : décidément, écrire un article sur les écoles Steiner)
    J’avoue avoir été agréablement surprise par les discussions que mes deux articles, surtout celui-ci, ont suscitées, waow!
    Tout le monde se sent concerné, c’est très très positif
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 16h46

    22) Je propose la révolution ! => Je sors. Echanges encore très intéressants à lire ce matin. 😉 Bisous Mariev et aux autres participants
    Commentaire n°22 posté par Tata Huguette le 12/09/2008 à 11h07

    => Nan, sors pas! Oui, la révolution, bien sûr la rêvolution!
    Quand je vois les commentaires, le nombre de personnes se sentant concernées ici ou ailleurs, avec les mêmes frustrations et les mêmes désirs, peu ou prou … ben y’a de quoi faire avancer le schmilblick!
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 16h50

    23) Bourdieu et Passeron avaient écrit un bouquin intéressant montrant comment une certaine culture d’élite était légitimée à l’école. Bon, ça date un peu et c’est assez imbuvable niveau style mais il y a des arguments très pertinents. Et maintenant, je vais préparer à manger !
    Commentaire n°23 posté par Tata Huguette le 12/09/2008 à 11h40

    => Oui, culture d’élite. Et quand « on » veut la combattre, on tombe illico dans l’excès inverse
    Dans mon établissement :
    – sous prétexte de ne pas vouloir faire des classes d’élite, on peut refuser l’option latin à une gamine qui a 19 de moyenne générale (vécu, mal vécu d’ailleurs, mais issue heureuse)
    nivellement pas le bas, est-ce mieux? Dans ce cas, d’ailleurs, la moyenne de cette gamine comptait moins que sa vraie envie de faire du latin!
    – rien n’est véritablement fait pour booster le choix de l’allemand LV2; par exemple, on insiste bien sur le fait que le choix de l’option Sport (très populaire) est incompatible avec cette langue …
    A y’est … je m’énerve …
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 17h11

    24) Vive le sucre en morceaux ! Moi aussi je m’ennuyais, mais toi tu as eu le bac à 17 ans ! Ce qui est décevant, c’est que ça dépende autant du professeur. Où est l’objectivité de la chose quand d’une année sur l’autre, dans une même matière, tu passes du 19 sur 20 au 0.5 sur 20. Aller, j’y vais de ma révolution : Il faudrait que l’éducation soit faite à l’aide de « serious games » par des ordinateurs et que les prof soient coordinateurs, en soutien. Je pense que ça serait beaucoup plus équilibré, plus juste et objectif (en plus de mesurer facilement les progrès).
    Commentaire n°24 posté par oliv Kronsilds le 12/09/2008 à 16h22

    => Nan, vive le miel!! Vive les abeilles!! et pi Einstein l’a dit, quand y’aura plus d’abeilles, on sera morts. Pour les maths, quand même, y’a l’algèbre d’un côté et la géométrie de l’autre, déjà cela explique des variations importantes dans une même année; et puis moi, j’ai fait cette catastrophique chute tout en douceur, sur 5 années
    Néanmoins, il existe effectivement des variations d’une année sur l’autre dans une matière en changeant de prof, mais il est rare que ce soit aussi net!
    Mhmmhmhm, tu me provoques avec tes ordis … je vais rester premier degré : no way, Sir! Pour commencer, et pour ma chapelle (langue étrangère), un ordi est pour l’instant incapable d’appréhender une langue dans sa mouvance, sa propre intelligence, et je le démontre chaque année aux élèves tentés de recourir aux traducteurs automatiques …
    Pour un « J’aime LE chocolat » français, tu as deux versions possibles en anglais selon que tu parles en général (renvoi à la notion = I love chocolate ») ou d’un chocolat précis (dans un choix de confiseries, tu ne veux parler que du chocolat = I love THE chocolate)
    Aucun programme ne peut détecter cette nuance, même si tu lui fournis un contexte.
    Ca me rassure!!!!!!!
    A développer, bien sûr … argh
    Je crois qu’il faut davantage de sens et de lien dans les apprentissages.
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 18h29

    25) Alors ça c’est tout à fait juste. C’est tout l’un ou tout l’autre. Chez nous y a carrément plus d’Allemand, tiens ! Bon allez, on s’énerve ensemble, ça nous fera du bien. Bon, si tu veux te détendre aujourd’hui va regarder la vidéo du dernier article d’Elyette. 😉 Bonne soirée, Mariev.
    Commentaire n°25 posté par Tata Huguette le 12/09/2008 à 17h28

    => D’accord!
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 18h30

    26) Je me permets de rajouter qqch à propos de l’allemand. Nous vivons près des frontières suisse et allemande; systématiquement, l’allemand est imposé aux enfants sans autre forme de procès. Il y a des enjeux politiques et économiques forts là derrière. La langue n’est pas le problème en soi, c’est tout ce qu’elle cache. J’ai étudié l’allemand pendant 9 ans et suis incapable de faire une phrase humiliée sans cesse parce que je n’étais pas douée pour cette langue dans cette région. Mon fils refuse aussi de l’apprendre et pendant ses années de primaire, il n’a rien appris hormis l’anglais de lui même à la maison. Je rêvais d’apprendre l’italien, l’espagnol, le russe et même le latin m’a été refusé pcq je n’étais pas « douée » en langue. A l’université, j’ai explosé en latin et maintenant, je parle russe, turc, anglais. je pense refaire de l’allemand un jour et en apprendre encore d’autre. Alors, oui, j’ai subi la dictature de certains bons penseurs et heureusement, je suis d’un naturel opiniâtre. J’ai tenu et libérée de ces bons penseurs, j’ai explosé. Mon fils quant à lui se lance avec délectation dans l’anglais et m’a parlé d’apprendre le japonais. Reflet d’une certaine école qui cherche à formater les rêves, les désirs et les personnes.
    Commentaire n°26 posté par fée des agrumes le 12/09/2008 à 18h04

    => Ben comme chez Tata Huguette où là, j’imagine que c’est l’espagnol qui s’impose (comme ici d’ailleurs). Notre école devrait être une école de/du choix, voilà ce que ton parcours inspire et rappelle
    Russe et turc? Je vous tire mon chapeau, la Fée!
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 18h35

    27) Hi, hi, hi… Bon, donc d’après ce que je lis, je me dis que si tu as autant de recul vis à vis de toi même lorsque tu étais élève, alors tu dois sûrement relativiser certains comportements des tiens. Bien, que sur le coup, ça doit bien énerver quand même! Tu fais un super boulot et tant que tu aimeras transmettre et que tu aimeras les gens, alors tu seras une bonne prof, j’en suis sûre. Après ,tout le monde est perfectible avec ses travers et ses bons côtés. Au fait, je ne sais pas quelle matière tu enseignes, mais je parierai sur les maths? Bises et bonne soirée.
    Commentaire n°27 posté par Debby le 12/09/2008 à 20h26

    => Cela m’a pris du temps de relativiser, d’abord parce que j’étais assez jeune pour me sentir proche des élèves, puis parce que je l’ai été moins (jeune), puis enfin, enfin, je me suis souvenue de mes 13-15 ans à moi!! bam, dans la tête, lumière!
    Y’a des jours où je me sens plus « prof de quelque chose d’indéfini », prof d’envie, prof de curiosité, prof de saine colère … que prof d’anglais (ah oui … English, dear, English, j’espère que tu n’es pas une traumatisée de cette matière)
    Réponse de mariev le 12/09/2008 à 21h30

    28) Hahaaa ! l’ordinateur actuel n’est pas très loin de saisir ce genre de nuance. Mais bientôt, ou plus tard, il le pourra (et il est en bonne voie). Quoiqu’il en soit, il ne faut pas le penser de la même manière que ce que tu enseignes actuellement. Je parle de jeux vidéo avec l’étiquette « sérieux ».
    Commentaire n°28 posté par oliv kronsilds le 12/09/2008 à 21h51

    => Hahaaaa … tu rêves complètement Oliv’, le logiciel qui saura traduire parfaitement n’est pas né et le jour où il sera sur le marché …là, je retourne dans ma caverne!! parce que ça voudra dire que la machine « pense », et ça, ça craint du boudin; c’est mon point de vue à ce jour, en tout cas
    Les logiciels ludo-éducatifs, si c’est de cela que tu parles (quoique, tu parles bien de « jeux vidéos », donc ça ne doit pas être tout à fait ça) je ne suis pas contre, évidemment (j’ai même participé à l’élaboration d’un gros machin en anglais), mais juste pour en faire un support. Après – ou avant – ce genre de séance, il faut donner un sens à l’activité, et c’est le prof qui fait le Lien, pas la machine. Comme quand tu les emmènes voir un film au cinéma : le film en lui-même n’enseigne pas tout, ne peut être à la fois le support, le sujet, l’outil …
    Boohoohoo, je suis trop fatiguée, z’arrive pas à être claire
    Non, ça y ‘est. Je voudrais que l’enseignement soit plus en prise avec la réalité, que l’apprentissage se fasse « naturellement » au gré de situations réelles, communicatives … cela implique davantage de collaboration entre diverses disciplines, plus d’ouverture sur le monde extérieur … A ce titre, je vois ce que tu veux dire avec les jeux vidéos intelligents : le joueur, pour parvenir au bout, doit apprendre, seul, par observation et déduction … Fort bien. Mais pourquoi mettre entre celui qui apprend et l’objet visé de l’apprentissage, un vecteur artificiel? A titre occasionnel, oui. En faire LE mode d’apprentissage, non. Dans les jeux vidéos, il manque toute la dimension kinesthésique!!
    Exemple : pour « enseigner » l’intonation et l’accentuation anglaises, je me sers du corps : on tape du pied, on tape dans les mains, on « danse ».
    Exemple : pour enseigner cette fichue prononciation du -ED (terminaison verbale du prétérit), et pour démontrer au passage que les « règles » ne sont pas inventées par des vieux schnoques, je les invite à mettre leurs mains sur leurs abdominaux et à observer ce qu’il se passe. J’adooore! Ils découvrent que ce qu’ils voyaient comme une règle chiante est en fait le produit logique de ce que notre corps peut et ne peut pas faire avec les sons!!!!
    Le meilleur jeu vidéo au monde n’a pas encore cette dimension kinésthésique.
    Mais si tu me réponds que si, avec les combinaisons tactiles reliées aux ordis, je hurle, mon cher, je hurle…
    Réponse de mariev le 13/09/2008 à 10h24

    29) Mes dessins? A vrai dire je me destinais plus jeune à une carrière artistique. Ayant un coup de crayon prometteur, je souhaitais préparer un bac arts appliqué, mais la chance ne pas été donnée en raison des mes résultats scolaires dans les matières générales relativement moyens. J’ai continué après à griffonner un peu, pour finir à ne plus dessiner du tout. Donc je n’ai pas grand chose à montrer, à part des dessins d’époque, que j’ai conservé par nostalgie. Mais peut-être m’y remettrais-je un jour. L’anglais? A vrai dire j’avais pris allemand en première langue(une catastrophe) et l’anglais n’a pas été un succès non plus. Amitié, Debby.
    Commentaire n°29 posté par Debby le 13/09/2008 à 11h36

    => Mince, encore une histoire de parcours dévié par l’école …
    Il est dommage que tu ne dessines plus, Debby! Si vraiment, ça te chatouillait tout le temps, tu as peut-être coupé un « pont » avec ton être intérieur … C’est peut-être dur ce que je dis là, mais ce n’est pas un jugement!
    Je ne sais pas ce que tu fais par ailleurs, et si tu es heureuse de ce que tu fais aujourd’hui … mais si ne plus dessiner te manque …
    Je me permets de dire ça parce que c’est ce que j’ai vécu : une rupture avec mon intérieur…
    Belle journée à toi!
    Réponse de mariev le 13/09/2008 à 12h09

    30) t’attendais-tu à autant de commentaires,lorsque tu as écrit ton texte? je voulais être prof d’anglais, j’étais trés bonne, le hasard en a décidé autrement, et avec les années je n’aipas regretté; j’ai pris des voies détournées,alphabétisation , information auprés de jeunes en difficulté; j’admire toujours ces profs motivés, qui, malgré le contexte de plus en plus pénible, essaient d’inculquer culture ,curiosité et aussi respect et morale. bravo à toi
    birgit
    Commentaire n°30 posté par birgit le 13/09/2008 à 19h55

    => Clairement, non, je ne m’attendais pas à un tel échange, c’est … super positif! Tes voies détournées sont très belles, sais-tu, bravo à toi 😉
    Réponse de mariev le 13/09/2008 à 21h36

    31) Ben, si, avec les combinaisons tactiles reliées aux ordis 😀 (j’imagine déjà l’école que ça doit donner ça, tous les enfants casqués, en combinaison dans des sphères…)
    Et la machine pense déjà, mais pas comme toi et moi 😉
    Sinon, je plussoie avec ton commentaire au sujet du support, d’ailleur voici un interessant article sur le sujet (in l’english).
    Le but du jeu n’est pas d’être didactique et « chiant », mais d’être dans le domaine de l’élève, c’est à dire ce qu’il connait chez lui. Et le fait que ce soit un jeu, contrairement à ce que tu dis, n’est qu’une extension de la réalité, mais dans laquelle le droit à l’erreur existe.
    J’en dirais plus demain… dodo time :)
    Commentaire n°31 posté par oliv Kronsilds le 13/09/2008 à 23h45

    => Eh! eh! Mieux encore, le prof (parce qu’il serait toujours là, imagine le taux de chômage brutalement augmenté, sinon) serait relié à tous ces petits, lui aussi … genre « Alien » … bbrrrbrbr
    Non, ne lance pas le débat sur la pensée de la machine, c’est pas possible, s’il te plaît … parce que, hein … qu’est-ce que « penser »?!!!
    Etre dans le domaine de l’élève : je te suis à quasi 100%, et c’est ce que je tente de faire et , oui, le jeu est une extension de la réalité, tout à fait
    et le droit à l’erreur existe à l’école, on dirait que tu ne le penses pas; c’est une des premières choses que je leur dis à la rentrée : c’est normal et logique que vous vous plantiez (et je donne des exemples, ma première omelette, ou quand ils ont voulu toucher la flamme de la bougie), et si vous saviez déjà tout, ben y’aurait pas l’école…
    Did you bien dormir?
    PS : j’irai voir ton article un peu plus tard, là c’est réveil time
    Réponse de mariev le 14/09/2008 à 07h10

    32) A bien dormi, quoique courtement ! 😀
    Et toi ?
    Je parlais du droit à l’erreur en général dans la vie. Mais je pense que le droit à l’erreur à l’école et sans doute plus sévère psychologiquement (mauvaise note, appréciation sur le carnet qu’il faut montrer aux parents, railleries des camarades, etc.), que l’erreur dans le jeu (ce n’est qu’un jeu qui ne porte pas à d’autre conséquence qu’il faut refaire le niveau pour passer au suivant…)
    Le problème, c’est qu’on imagine tout de suite le super gros jeu de rôle qui simulerai tout. Peut être que ce n’est pas la solution.
    Je crois beaucoup au futur de la réalité augmentée
    Commentaire n°32 posté par oliv Kronsilds le 14/09/2008 à 08h30

    => Je viens de lire l’article que tu as laissé en lien ; très intéressant et … intelligent, en effet.
    Ceci dit, il me paraît malgré tout important que certaines erreurs (davantage d’attitude face au travail demandé que de compétences) soient relevées et pointées avec leurs conséquences; c’est bien le problème de nombreux jeux vidéos de rendre tout acte « inconséquent ». Tout dépend aussi de la manière dont le prof « gère », accueille l’erreur en classe, bien sûr. Par ailleurs, je note plutôt sévèrement, c’est une question de « vérité » et d’honnêteté vis-à-vis de l’enfant.
    J’attends les « serious games » … en attendant, nous venons de changer de bouquin en 6è et désormais les gamins ont un CDRom à leur disposition; nous commençons à intégrer la dimension technologique…
    Découvrir Lamartine en se baladant en forêt avec le prof de SVT pour collecter des champignons, …. waow, voilà … là, je marche à fond!
    Attention à une chose, et cela nous renvoie à la question abyssale posée par Coq plus haut : est-ce l’école qui fabrique le système ou inversement?
    Ici, y’a comme un début de réponse : le risque de faire de nos enfants, déjà gavés de technologie à l’extérieur, de vrais petits singes savants consommateurs dépendants de logiciels, consoles, I-Pods et écrans plats …
    La réalité augmentée : voilà un vrai débat, tiens … je suis un peu méfiante, là .. mais j’y réfléchirai
    J’avais bien dormi … mais je crois que je ferai une sieste cette aprem!!!
    Bon dimanche!
    Réponse de mariev le 14/09/2008 à 09h02

    33) C’est donc quelque chose qui t’habitait naturellement sans que tu le saches. j’aime beaucoup cet article qui raconte les origines de ta profession, et je vois mieux quel genre de prof tu es, sympa ma foi ! :-)
    Bon dimanche à toi mariev avant de reprendre le chemin de l’école demain ! Bisou :-)
    Commentaire n°33 posté par thaddee le 14/09/2008 à 10h35

    => J’ai trouvé amusant de dire que les profs m’em*** … donc je suis devenue prof, et en écrivant … j’ai remarqué d’autres trucs
    Et après, en lisant tous ces commentaires, j’ai encore remarqué d’autres trucs, entendu les autres … expérience réellement enrichissante!
    A bientôt de te lire chez toi!
    Réponse de mariev le 14/09/2008 à 18h42

    34) Ah ben oui, venant d’une famille d’enseignants sur 3 générations, je n’ai pas cédé au virus et pourtant, petite je voulais être instit comme beaucoup d’entre elles d’ailleurs.
    Est-ce que je le regrette? Possible, mais j’ai trouvé un autre chemin détourné pour continuer à m’enraciner dans les écoles.
    Et voilà, comme quoi…
    J’ai parcouru votre blog et très sincèrement j’ai apprécié.
    Je reviendrai.
    Commentaire n°34 posté par katherine le 19/09/2008 à 17h43

    => Bonsoir katherine, qui a résisté au virus (je vais venir voir de quoi il retourne, alors, par chez toi!)
    Mais sais-tu? Pas d’enseignants dans ma famille exceptée mon arrière-grand-mère … qui ne m’en a d’ailleurs jamais parlé!!
    Merci de ce passage attentif
    Réponse de mariev le 19/09/2008 à 19h00

    35) Incroyable comme je me reconnaîs dans cet autoportrait, qui, pour le coup, prend des allures de « gène » irréfutable qui vous fait devenir prof! :-)
    Je suis insupportablement comme tu te décris, dans la vie quotidienne, familiale, sociale…:-)
    Mais qu’est-ce qu’on m’apprécie!! :-):-)
    – Super prof
    – Super amie
    – Super copine
    – Super collègue
    – Super nana quoi!
    Mais qu’est-ce que c’est lourd à porter parfois!!!
    Ne plus apparaître comme telle semble si déstabilisant pour ceux qui m’entourent, qu’il faut user de ruses et d’artifices ou prendre le risque d’être tout simplement SOI…j’ai choisi la deuxième option pour ma part! :-) Elle est plus onéreuse mais tellement plus satisfaisante à mon goût!!
    Enfin, voilà, parce que ça va mieux en le disant, il paraît! :-)
    Flora
    Commentaire n°35 posté par la chieuse76 le 23/09/2008 à 21h06

    => 2è option, tout pareil, mais … je n’ai pas tout suivi, pourquoi est-ce davantage onéreux?
    A bientôt et merci Flora!
    Réponse de mariev le 24/09/2008 à 07h10

    36) Il est
    Il est épinglé tel un post-hit
    Bien au milieu du tableau noir
    Avec grands gestes, il nous explique
    Quelques lambeaux de notre Histoire

    Il est dramaturge, acteur, libraire
    Scène de théâtre ou champ de bataille
    Conservateur, modéré et ultra-libertaire
    Modèle d’équité et moustache en broussaille

    Il campe avec fierté d’illustres morts antiques
    Épie avec volupté nos erreurs didactiques
    Il sait que leur correction nous sera bénéfique
    Mais je n’ai toujours pas compris comment on s’y applique

    Il nous transmet ses bribes de Culture
    Les bienfaits de la paix, les affres de la torture
    Démocratie ou dictature
    Tout un volet de littérature

    Je regarde notre photo de classe,
    Tous habillés comme des bagnards
    Mais reconnais ce prof, cet as
    Qui sut m’inculquer l’amour de son art

    Sentiment étrange que la nostalgie
    De ces heures qu’il passa à nous suer Molière
    Admirable bonhomme qui insuffla son énergie
    Pour que chacun de nous ait droit à une carrière

    Il a déposé les armes, notre vieux débonnaire
    Avec le sourire du devoir accompli
    Pour moi, qui était d’origine étrangère,
    Laisse son dictionnaire aux pages jaunies
    Il date de la dernière guerre
    Et comme le Pays a beaucoup subi
    Je le garde comme la première pierre
    Qui a permis de construire ma vie.
    ……..
    …….
    Je suis épinglé, tel un post-hit
    Bien au milieu du tableau noir
    Avec des grands gestes je leur explique
    Quelques lambeaux de leur Histoire..

    Prends soin de toi
    Bisous
    Vae
    Commentaire n°36 posté par Hamilcar01 le 29/09/2008 à 19h22

    => Eh bien, donc, ce sont tes mots …
    Et tu viens de faire une entrée aussi fracassante qu’énigmatique!
    Tu sembles vouloir cultiver le mystère … fort bien :)
    Bonne soirée, et à bientôt!
    Réponse de mariev le 29/09/2008 à 22h38

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